Le Marais Poitevin : un espace aménagé et
géré
 le territoire du Marais Poitevin
se situe sur un ancien golfe marin qui s’est progressivement
comblé d’alluvions et dont la
Baie de l’Aiguillon constitue le reliquat.
Par conséquent, le Marais Poitevin est
un territoire pratiquement plat, dont l’altitude
ne dépasse pas trois mètres.
Il est ainsi soumis aux risques de submersions
marines et aux crues des rivières, qui
collectent les eaux d’un bassin versant
six fois plus grand, et qui débouchent
dans ce territoire. Depuis plus de
mille ans, les hommes ont déployé des
efforts considérables et une ingéniosité étonnante,
pour gérer l’eau, protéger
les espaces contre les inondations dévastatrices,
limiter la propagation des moustiques et des
maladies, et ainsi pouvoir vivre et habiter
sur ce territoire.
le Marais Poitevin est un territoire
de 100 000 hectares d’une très grande diversité :
diversité des paysages, diversité biologique,
diversité hydraulique. Ainsi, la « Venise
Verte », aux paysages si emblématiques,
correspond au fond de vallée de la Sèvre
Niortaise et représente 5% de la superficie
du Marais Poitevin. Très différents
sont, par exemple, les espaces aménagés
progressivement en bordure de mer, naturellement
dépourvus de végétation
arborescente.
le
fonctionnement hydraulique est la clé de
voûte du Marais Poitevin. Le
système
hydraulique est complexe, avec ses dizaines
de milliers de kilomètres de canaux,
ses ouvrages de régulation et d’évacuation.
Il doit régulièrement être
adapté aux évolutions des bassins
versants, de la Baie de l’Aiguillon et
du Marais Poitevin lui-même. La gestion
de l’eau, en fonction de la pluviométrie
en amont et des marées à l’aval,
suit des principes enseignés par l’expérience
et est absolument essentielle pour éviter
les inondations dévastatrices en hiver
et les assecs en été.
le
Marais Poitevin, tel que aménagé depuis
des siècles, abrite une biodiversité jugée
remarquable et reconnue par tous. Sur
ces espaces, les interactions entre activités
humaines et environnement ont favorisé le
développement
de la biodiversité. A l’inverse,
l’abandon des terres et l’enfrichement,
tels qu’on peut malheureusement les rencontrer
dans des zones difficiles, entraînent
une diminution de cette biodiversité et
constituent des foyers propices au développement
des espèces envahissantes.
l’entretien
de cet espace remarquable est coûteux
et exigeant. Seule une agriculture dynamique
et rentable peut à la fois justifier
un tel effort et assurer l’entretien
d’un
territoire aussi vaste. Le développement
du tourisme et des subventions publiques à l’entretien,
sont des solutions complémentaires qui
restent marginales.
" Le marais est un milieu artificiel. Il
ne peut se maintenir que si l’homme l’entretient.
Il n’existe pas « d’état
nature » du marais." Pierre Roussel,
chargé de mission interministérielle.
Dans le Marais Poitevin, de manière plus
forte qu’ailleurs, gestion de l’eau,
agriculture, économie et environnement
sont totalement dépendants entre eux.
|
|