Remise en cause des grandes cultures et fragilisation
de l’agriculture du Marais. Certains
déplorent la disparition de prairies
au profit des cultures entre la fin des années
50 et le début des années 90. C’est
ignorer que le Marais Poitevin a connu une longue
période d’exode rural et d’abandon
des culture. Ainsi, dans le canton de Chaillé les
marais, en 1840 les labours couvraient 7 856 ha
et les prairies 6 954 ha, en 1925 leur surface
respective était devenue 1 197 ha et 10
389 ha ! Aussi, les années 1960-70 ne peuvent
pas être raisonnablement considérées
comme état de référence puisque
antérieurement, au 19ème
siècle,
les surfaces cultivées étaient bien
plus importantes.
Néanmoins, après dépôt
d’une plainte, la France a été condamnée
par la Cour de Justice Européenne le 25
novembre 1999 pour insuffisance de protection dans
le Marais Poitevin au regard de la Directive "Oiseaux",
mettant en avant la disparition des prairies naturelles
sur la base de données partielles qui annonçaient
la disparition de 28 700 ha de prairie naturelles
depuis 1973 et un reliquat de 26 750 ha de prairies
naturelles dans le Marais Poitevin.
Les cultures font historiquement
partie intégrante
du marais puisque au XVième siècle,
les fermiers avaient obligation(1) de cultiver
au moins 60% des terres. Les cultures sont indispensables à l’équilibre économique
de l’agriculture du Marais Poitevin. Sur
un plan technique les grandes cultures sont des
compléments indispensables aux systèmes
prairiaux et aux activités d’élevage
(paille pour la litière, surfaces d’épandage.).
Sur le plan économique et financier, elles
sont nécessaires à la rentabilité et à l’équilibre
financier des exploitations. Sur une exploitation
où les surfaces cultivées représentent
50% de la superficie totale, ces surfaces cultivées
dégagent plus des 2/3 de l’EBE (excédent
brut d’exploitation). Aussi, sur l’ensemble
du territoire du Marais Poitevin, la presque totalité des
exploitations comportent un pourcentage élevé de
surfaces en cultures.
Certaines terres du marais sont d’excellentes
terres agricoles, sans doute les meilleures de
notre pays, avec des rendements remarquables et
des productions d’une qualité exceptionnelle,
reconnue dans le monde entier comme celle du blé dur.
Le maraîchage, avec notamment le melon, donne
des produits d’excellente qualité et
fournit des emplois importants au niveau local
Ces terres n’ont pas besoin pour leur culture
d’apport d’engrais de fond. La reconversion
de ces terres serait une absurdité sur tous
les plans.
(1) Obligations inscrites dans les baillettes,
comme la baillette des marais de Taugon et de la
Ronde de 1697
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