Le marais Poitevin est un vaste territoire de
100 000 hectares avec des espaces fort différents
les uns des autres.
Il convient en premier lieu
de distinguer les marais dits « desséchés » et
les marais dits « mouillés ».
Les marais « desséchés » :
correspondent aux 2/3 de la surface du marais
Poitevin.
Ce sont des espaces, le plus souvent
issus des marais maritimes, qui sont ceinturés
de digues destinées d’une part à lutter
contre les risques de submersions marines à leur
aval, d’autre part à se protéger
des crues des bassins versants à leur amont.
Les îlots ainsi constitués, drainés
par des fossés et des canaux, sont gérés
hydrauliquement de manière autonome. Il
s’agit d’espaces où la gestion
de l’eau est constante et sécurisée.
En période estivale, afin de maintenir
les niveaux d’eau dans les fossés,
ces marais sont en général réalimentés à partir
de leur amont. Les marais desséchés
sont caractérisés par de grandes
parcelles, couvertes de prairies ou de cultures,
ne comportant pas ou peu d’arbres.
Les marais « mouillés » :
représentent 1/3 de la surface du marais
Poitevin.
Ce sont des espaces qui ont vu leur caractère
inondable renforcé du fait des aménagements
et de la protection des marais desséchés.
En effet, quand les eaux pluviales arrivent massivement
de la plaine ou du bocage, elles ne peuvent pas être évacuées
aussi rapidement à la mer en raison de la très faible pente du
territoire et de l’alternance des marées (le niveau du marais étant
bas, l’évacuation ne peut se faire que par intermittence, à marée
basse).
La persistance de zones tampon est apparue inévitable
dans le fonctionnement hydraulique de l’ensemble
du marais Poitevin. Néanmoins, les marais
mouillés accueillent de nombreuses habitations
et activités économiques. S’ils
peuvent s’accommoder localement et temporairement
des débordements de rivière (cas
de la « Venise verte » en bordure de
Sèvre Niortaise) ou des résurgences
des nappes en bordure de plaine, ils redoutent
les grosses inondations dont les risques sont majeurs.
Les équilibres sont fragiles et quelques
centimètres d’eau suffisent pour passer
d’une situation de crue acceptable à une inondation dévastatrice
pour les biens et les personnes.
La gestion hydraulique et les aménagements visent à réduire
au maximum ces risques. Les marais mouillés sont divers. Ils peuvent être
caractérisés par un maillage dense de fossés, de petites
parcelles appelées « terrées » quand elles sont plantées
d’arbres et « mottes » quand elles sont en culture ou au
contraire d’immenses parcelles en prairie dépourvues de tout arbre
pouvant dépasser 100 hectares (marais communaux).
A l’intérieur et en
bordure du marais Poitevin, se trouvent des terres
hautes sur
calcaire
:
anciennes îles du golfe des Pictons sur
lesquelles se sont construits les bourgs, et les
plaines de pourtour.
La baie de l’Aiguillon est une baie maritime
vers laquelle converge l’essentiel des eaux
du marais.
Dans cette Baie, la mer amène avec elle à chaque
marée, c’est à dire deux fois
par jour, une quantité considérable
d’alluvions provenant en grande partie de
la Gironde 150 km plus au sud. Ces alluvions se
déposent à un rythme que l’on
estime de 1 cm par an avec pour conséquence
l’exhaussement des terrain et le retrait
de la mer de 20 à 25 m par an. La baie de
l’Aiguillon est donc le reliquat de l’ancien « Lac
des deux corbeaux » ou « Golfe des
Pictons ».
Ainsi, des espaces maritimes sont progressivement
comblés par la vase, colonisés par
la salicorne, c’est le « slikke » recouvert
régulièrement par les marées,
puis par la puccinellie c’est le « schorre » ou
prés salés ici appelés mizottes.
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