A l’époque gallo-romaine, la
baie de l’Aiguillon constituait une vaste
mer intérieure (110 000 ha) ponctuée
d’îles calcaires.
Elle s’est rapidement et naturellement
comblée par l’apport de sédiments
essentiellement marins, provenant notamment de
l’estuaire de la gironde.
Les matériaux argileux, parfois épais
de plus de 30 m sont ici appelés « bris ».
Ce phénomène alluvionnaire naturel
continue aujourd’hui dans la Baie de l’Aiguillon.
Réduite à 5000 ha elle continue
inexorablement à se combler. En une année,
le fond marin s’exhausse de plus de 1 cm
et la mer se retire de 20 à 25 m.
L’occupation
humaine sur les îles et sur les rivages
est ancienne (néolithique). A partir du
VIIe siècle, et surtout au cours des XIIe
et XIIIe siècles, les abbayes ont conduit
des aménagements hydrauliques successifs.
Il s’agissait de soustraire les terres
au phénomène des marées
et de les protéger contre les eaux provenant
de l’amont.
L’objectif était de pouvoir
y développer l’élevage
et les cultures. Une deuxième phase
importante d’aménagement a
débuté au XVIIe siècle
impulsée par les édits royaux
de Henri IV et conduite par des compagnies
concessionnaires, avec l’aide de
capitaux et de compétences hollandaises.
Ces phases d’aménagement
ont été ponctuées
plus ou moins longtemps et plus ou moins
profondément par des phases d’abandon
notamment à l’occasion des
guerres. Canaux envasés, digues
rompues, terres submergées, accès
impossible, problèmes sanitaires,
le marais redevenait inhospitalier, en
particulier à l’ouest, dans
les espaces issus des milieux marins. |
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Historique
des prises parcellaires sur la mer |
Évolution des 150 dernières
années
À partir
de la révolution
et au cours du XIXe : le morcellement
de la propriété dans les marais
desséchés et surtout dans les
marais mouillés, amène ces derniers à être
partagés en de nombreuses petites parcelles délimitées
par de nouveaux fossés creusés par les
propriétaires et à adopter leur physionomie actuelle.
1850-1960
: l’exode
rural et le manque de main d’oeuvre en
conséquence, entraînent la mise
en prairie de nombreuses cultures et le développement
de l’élevage
extensif dans les marais desséchés. Dans les marais mouillés,
les terres les moins productives et les plus difficiles à cultiver
sont abandonnées et tombent en friche.
Depuis
1960 : la modernisation
de l’agriculture avec la mécanisation
et l’amélioration du drainage
est favorable à la remise en culture d’importants espaces qui
seront à cette même époque, remembrés par les services
de l’État. Ensuite, la nécessaire spécialisation
des productions et la crise de la « vache folle » dans les années
90 entraînent une nouvelle régression de
l’élevage.
Ces dernières années
: les préoccupations environnementales
sont mises en avant notamment dans le cadre
de la protection des zones humides. Des
solutions originales sont à trouver
pour le marais Poitevin, espace entièrement
aménagé par l’homme,
comptant 100 000 habitants, vaste et varié,
et dont le devenir repose sur un juste équilibre
entre activités humaines et préservation
de l’environnement.
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