Marais Poitevin : un territoire
façonné par
l’Homme qui abrite une biodiversité remarquable
Tout le monde s’accorde pour
reconnaître la biodiversité remarquable
du Marais Poitevin. La position géographique
du Marais favorise cette biodiversité.
Mais c’est le territoire lui-même,
si particulier dans son origine et dans son fonctionnement
parce que entièrement créé par
l’Homme, qui a su accueillir toutes ces espèces.
Gardons à l’esprit que tous les milieux
du Marais Poitevin sont le résultat d’une
très forte interaction entre l’action
de l’Homme et de la nature. L’Homme
a façonné ce territoire, a créé le
Marais Poitevin tel qu’il existe avec ses
réseaux hydrauliques, ses prairies, ses
cultures, ses boisements, etc…L’Homme
continue à l’entretenir directement
par la gestion hydraulique et par les activités
agricoles, sylvicoles, conchylicoles et également
cynégétiques et piscicoles.
Canaux,
points d’eau, fossés, cultures,
jachères, prairies, fourrés, boisements
sont autant d’espaces qui ont été créés
ou permis par le travail de l’Homme. Ce sont
ces espaces qui constituent des habitats variés
dont certains sont reconnus d’intérêt
communautaire (roselière à Phragmites,
roselière à Baldingère, tourbière,
prairie mésophile, prairie hygrophile système
doux , prairie hygrophile système eu-saumâtre,
frênaie mixte atlantique, peupleraie, forêt
alluviale d'Aulnes et de frênes, etc…).
Ce
sont ces habitats récents que de nombreuses
espèces ont "choisi", de manière
permanente ou temporaire, pour se nourrir, s’abriter,
se reproduire. Ainsi le Marais Poitevin abrite
une végétation et une faune d’une
richesse et d’une diversité remarquables.
Sur les voies migratoires il constitue une halte
appréciée de nombreux oiseaux migrateurs.
Pour que cette biodiversité remarquable
continue à se développer il est impératif
de conserver la variété de milieux,
de continuer à les entretenir et d’éviter
l’enfrichement. La gestion de l’eau
dans le marais limite les trop fortes variations
saisonnières (inondations en hivers, assecs
en été) et contribue ainsi à la
préservation des espèces végétales.
La friche et l’abandon des espaces sont
la première menace pour la biodiversité
Les fossés et les canaux
doivent régulièrement être
curés (vases) et protégés
des espèces envahissantes (jussie, ragondin,…),
les points d’eau doivent être nettoyés,
les prairies doivent être fauchées,
les boisements doivent être entretenus…
L’abandon de ces espaces par l’Homme
entraînerait inévitablement une forte
diminution de la biodiversité. Sans entretien,
et nous le voyons déjà malheureusement à certains
endroits, les espaces se ferment rapidement et
sont colonisés par une flore banale, une
végétation rudérale. Cette évolution
floristique entraîne rapidement une régression
considérable sur le plan faunistique.
Lutter contre les espèces envahissantes
Les espèces envahissantes
exogènes, végétales et animales,
menacent la biodiversité en se développant
de manière exponentielle au détriment
des espèces locales.
Plusieurs espèces posent problèmes
:
les
plantes aquatiques : la jussie, la Myriophylle
du Brésil, l’Elodée dense ou égéria
les plantes littorales : spartina anglia
les
espèces animales : le ragondin, l’écrevisse
de Louisiane, le crapaud taureau
Le ragondin pose également un grave problème
sanitaire, puisqu’il est porteur de la leptospirose.
Des cas de bovins malades et malheureusement de
personnes fréquentant les eaux du marais
sont déjà à déplorer.
La lutte contre les ragondins doit pouvoir montrer
une meilleure efficacité puisque malgré les
efforts réalisés jusqu’à présents
la prolifération de cette espèce
n’a pas pu être jugulée.
L’organisation de la veille doit permettre
pour l’avenir de détecter et combattre
le plus tôt possible l’apparition de
nouvelles espèces envahissantes.
Quelle politique de protection de l’environnement
dans le Marais Poitevin ?
L’environnement prend progressivement
une part plus importante dans les préoccupations
de l’Homme qui a pris conscience de la nécessité impérieuse
de le préserver. Dans le Marais Poitevin,
comme ailleurs, des progrès peuvent être
faits dans ce domaine.
Pour réussir et obtenir des résultats
significatifs, il convient sur ce territoire si
original, de développer une approche réaliste,
pragmatique, équilibrée, plutôt
que d’envisager des solutions théoriques
qui ne correspondent ni à la réalité et
aux contraintes du territoire, ni aux enseignements
de son histoire.
L’enjeu est de sauvegarder une activité agricole
nécessaire à l’entretien d’espaces
considérables tout en assurant la protection
des milieux et des espèces remarquables.
Dans cette perspective, activités humaines
et protection de l’environnement n’ont
pas à être opposées mais leur
complémentarité et leur synergie
doivent pouvoir être mises en évidence
et développées.
Notre projet de développement durable met
en avant le principe d’une coexistence optimale
sur les plans économiques et environnementaux
entre espaces cultivés et espaces prairiaux
et naturels. En effet, si les prairies représentent
une grande richesse écologique, leur maintien à l’échelle
du territoire est possible si à côté d’autres
espaces peuvent accueillir des productions à forte
valeur ajoutée.
La mise en œuvre d’un tel principe
suppose :
1)
une évaluation scientifique
et intégrée des
enjeux agricoles, des enjeux hydrauliques
et des enjeux environnementaux des différents
espaces pour cibler les objectifs pertinents
2)
un véritable dispositif d’aménagement
foncier, déployé sur une
période
assez longue afin d’éviter des effets
brutaux et profiter des mouvements naturels de
départ en retraite, pour atteindre les
objectifs fixés à partir de l’évaluation
scientifique.
Dans la problématique
du Marais Poitevin, les réorganisations
foncières sur des zones déterminées, écologiquement
sensibles, permettraient de repenser le maillage
du paysage, de créer des bandes enherbés,
des haies, des fossés, de permettre
le développement d’une plus grande
diversité d’écosystèmes
et de micro-climats. Il s’agit là d’une
des rares stratégies qui permettrait à la
fois de consolider la biodiversité de
ce territoire, de répondre à la
demande sociétale sur l’environnement,
de renforcer l’hydraulique, pièce
maîtresse de cet édifice, de ne
pas déstabiliser l’économie
et de respecter la propriété privée.
Ainsi, les effets obtenus au regard des
sommes engagées par la collectivité seront
enfin significatifs et de qualité. |
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Vue satélite de
l'anse de l'aiguillon |
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